Alors voici l'intégrale d'une critique du manga (papier) de death note paru dans le n°29 de Coyote mag (Novembre/Décembre 2008).
Il y a deux ans, on dévorait enfin en français la série la plus attendue de l'époque. Le pirch est incroyable, le dessin ultra chiadé et le principe narratif original.
On y cause de la mort sans rigoler et le héros est un vrai salaud. Bref c'est l'éclate. Trois tome installent les règles d'utilisation du cahier et le duel mental entre Light Yagami et "L". Le tome 4 sème la zizanie avec l'arrivée de Misa, qui vient compliquer la partie d'échec en introduisant l'imprévisible. Jusqu'ici tout va bien.
Ca touche au génie. Sauf que la suite ne sera plus jamais aussi passionnante, ça tourne parfois même au calvaire. Et les incroyables longueurs de scénario ne sont pas les seules failles d'une série globalement surestimée.
LA MORT ? PARLONS EN ...DEATH NOTE est un manga bavard, ce n'est pas un scoop. Sur près de 2500 planches, l'essentiel du cadre est occupé par des discussions. Light, L mais aussi les cadres de la Yotsuba, Near et ses hommes du SPK, bref, tous passent 80% du temps à remuer les lèvres. Le verbe remplace l'action et la mise en scène de DEATH NOTE relève trop souvent d'un usage primaire du média BD.
Ces kilomètres de dialogues sont affreusement didactiques. L'intrigue complexe est encore alourdie par le jeu des hypothèses. Du coup, il faut en permanence restituer les enjeux afin de ne pas paumer le lecteur. En plus de manquer cruellement de mouvement, tout ce blabla a aussi un effet pervers sur la durée. Quand de nouveaux protagonistes débarquent au tome 5 (la Yotsuba corp.) ou tome 8 (Near Mello), le script doit expliquer à nouveau ce qu'ils ignorent (les règles d'utilisation du cahier, les manigance et l'identité de Kira), alors que ça fait 600, 1000 voire 2000 pages que le lecteur est au parfum ! C'est fastidieux et à ce titre
les tomes 8 à 11 sont une vraie souffrance.
PLUS C'EST LONG...PLUS C'EST LONGQui est mort ? Attention spoiliers ultimes... Après quatre tomes haletants, bourrés de stratagèmes ahurissants, DEATH NOTE contracte la maladie d'Alzeimer et ressasse sans cesse les bases posées durant sa glorieuse jeunesse : le cahier change de propriétaire, les adversaire successif de Kira en ignorent les règles d'usage, Light est soupçonné à chaque fois. Des protagoniste entrent et sortent de scène,
mais rien ne change après... Quatre tomes. Sur douze. Faites le compte des répétitions et vous obtenez
des heures d'ennui absolu.La série propose bien deux parties distincte : le chassé croisé L / Kira (tomes 1 à 7) puis la partie de cache-cache entre Light, Near et Mello, les successeur de L (tome 8 à 12). Ohba et Obata ne veulent pas s'arrêter au premier duel et ambitionnent une seconde partie où les actes de Kira bouleversent l'ordre mondial et la notion de justice. L'intention audacieuse, ne sera jamais traduite avec force dans les tomes concernés. Tout au plus, les partisans de Kira bousculent un peu l'enquête de Near. Bref, supposé thème de fond justifiant toute la seconde partie, c'est du vent, un décor posé à la va-vite et jamais vraiment exploité. Dans DEATH NOTE, le monde extérieur aux salles closes de l'enquête a bien du mal à exister. Les auteurs ont en fait évacué du cadre tout ce qui pourrait gêner la minutieuse description d'une partie d'échec entre Kira et ses poursuivants.
Même les sentiments sont absent dans ce monde factice.UN THRILLER EN CHAMBRE FROIDEL est seulement motivé par la notion de défi ; Light est aveuglé par son égocentrisme. Au tome 1, durant 50 pages, Light Yagami est un lycéen à peu près sympa mais encore inconsistant. Puis, au détour d'un rictus, il bascule définitivement dans la tentation de créer un nouveau monde. Il ne montrera plus que sa colère (quand ses plans sont contrariés) et son diabolisme (ses fameux rictus).
Quand son père meurt ou que sa s½ur risque de le même sort, il ne montre aucun état d'âme, il intègre même les cadavres dans ses calculs sans lever un sourcil. En évacuant ainsi tout dilemme moral,
les auteurs affadissent l'anti-héros, ne suscitent aucun pathos chez le lecteur et créent une distance fatale. Quelle importance que des personnages crèvent dans
un récit qui véhicule aucune chaleur, aucune humanité ? On a même la sensation de passer à côté d'un truc énorme, indispensable à une bonne histoire, bien prenante : les personnages !
Near et Mello, les nouveaux ennemis de Kira, sont supposé relancer l'intrigue à partir du tome 8, mais ne tiennent pas leurs promesses. Near est un clone de L, qui empile des Lego. Et Mello, supposé jouer le rôle du perturbateur, n'aura pas d'influence déterminante sur les mécanismes de l'intrigue. De manière surprenante (car elle est par ailleurs complètement décérébrée),
c'est Misa Amane qui s'avère la plus vivante du casting. Elle est dévouée, meurtrie, jalouse, enjoué, drôle et courageuse là où les autres sont des archétypes simples.
POUR EN FINIR AVEC DEATH NOTEMisa a son heure de gloire entre les tomes 4 et 7 et finira figurante d'une intrigue qui ne la concerne plus. Elle aussi est sacrifiée pour que DEATH NOTE se résume à un seul mot : stratégie. Au début, l'idée d'un manga très cérébral séduit et suscite même l'adoration. Puis les tomes défilent et relèvent combien l'histoire, stérile,
n'est qu'un concours de QI, une intrigue bien compliquée qui n'a rien à raconter sur la justice, l'amour, la mort, le challenge ou la manipulation d'autrui. Dès que ses principes scénaristiques retors se répètent, l'indigence du "propos" et la pauvreté des personnages causent le naufrage d'une série par ailleurs artificiellement longue, qui aurait pu tout dire en deux fois moins de tomes.
Voilà je rappelle que ce n'est pas forcément mon avis et que c'est la retranscription d'un article d'un magasine. J'ai juste trouvé la critique intéressante.
Je ne donnerais pas mon avis sur cette critique dans cet article ce ce n'est pas le but, mais vous pouvez laissez le vôtres, et je donnerais le mien au fur et à mesure si une discussion s'enclenche à ce sujet
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